
Ce nouvel article revient sur un point abordé ce lundi 6 juillet en Conseil Municipal, à l’occasion d’une question posée par Flore REBISCHUNG aux élus de la majorité, à savoir : leur positionnement quant à la perspective de la fermeture du ring valentinois, via la création d’un 3ème pont sur le Rhône.
Le Contexte
La déviation de Saint-Péray (point qui fera l’objet d’une prochaine newsletter, car les actualités sont nombreuses à ce sujet) est un projet qui s’inscrit dans un contexte bien plus large, à savoir la finalisation du contournement de Valence, sur sa partie Ouest.
Une précédente étape avait mené à la construction du Pont des Lônes et à la déviation de Guilherand-Granges (en vert ci-dessous). Le projet de déviation de Saint-Péray (en orange) viendrait rajouter quelques kilomètres, et le raccordement à Bourg-lès-Valence (en rose ci-dessous) constituerait l’ultime (et non des moindres) pièce de ce projet puzzle.

Un projet remis en question par les élus majoritaires eux-mêmes
Si le projet de déviation de Saint-Péray fait encore aujourd’hui débat au sein de la population – et, depuis les dernières élections municipales, parmi les élus – la suite du projet semble pour sa part faire l’objet d’un consensus : personne n’est convaincu du bienfondé de ce projet routier.
En témoigne le retrait des emplacements réservés à cet effet dans le PLUiH adopté le 5 mars dernier, et piloté par l’ancienne équipe de la CCRC (sous la houlette de Jacques Dubay).
De notre côté, la consommation de terres naturelles et agricoles, la brèche potentielle en faveur de l’urbanisation alentour, la logique sous-jacente du « tout-voiture »… le tout dans un contexte de crise climatique et de crise de la biodiversité sont autant d’arguments qui nous poussent à nous opposer fermement à ce projet.
Le SCoT : un irréductible promoteur du projet ?
Pourtant, un document d’urbanisme prévoit encore et toujours la possibilité que ce projet voie le jour : le SCoT (pour « Schéma de Cohérence Territoriale »).
Ce document, établi par un syndicat mixte, à l’échelle des trois intercommunalités qui le composent (Arche Agglo, Rhône Crussol et Valence Romans Agglo) fixe les grandes orientations d’urbanisme pour ce territoire.
Entré en vigueur en 2017, il est actuellement en cours de révision, et fera l’objet d’une enquête publique fin 2026.
À l’occasion des réunions publiques qui se sont tenues les 23 et 26 juin dernier dans le cadre de cette révision, la nouvelle version du SCoT a été présentée, et… celui-ci prévoit toujours le « faisceau » relatif à la fermeture du ring et à la création du 3ème pont sur le Rhône.

Interpellé par des membres de Saint-Péray Est À Vous, présents à chacune de ces deux réunions, Lionel Brard, élu valentinois et président du syndicat mixte, a renvoyé la balle aux élus locaux, et envisagé une éventuelle disparition de ce projet dans la mouture finale du SCoT qui doit être validé en 2027, si la demande en était faite.
Solliciter l’avis de nos élus locaux
Aussitôt suggéré, aussitôt fait.
À Saint-Péray, une personne occupe une place particulière en matière d’urbanisme : Matthieu Le Gall, 1er adjoint au maire, également élu communautaire, conseiller spécial à la planification et à l’urbanisme à la CCRC, et… 3ème vice-président du bureau exécutif du SCoT.
Le conseil municipal du 6 juillet était donc l’occasion de l’interpeller quant à sa position sur ce projet. Pour une complète transparence, sa réponse in extenso est reprise en fin de cet article.
En résumé :
⛔ il ré-affirme que la volonté de l’exécutif saint-pérollais n’est pas que ce projet de fermeture du ring valentinois voie le jour – preuve à l’appui le retrait de l’emplacement réservé du PLUiH,
🚎 MAIS il laisse entrevoir la possibilité d’un usage de ce faisceau pour des mobilités douces (tramway, bus…), et justifie ainsi son maintien dans le SCoT,
🏢 le tout en arguant du nécessaire consensus entre les élus du SCoT, et de l’intérêt potentiel pour les communes d’Arche Agglo de faciliter les mobilités sur ce secteur.
alors, on en pense quoi de tout ça ?
Première chose : chacun.e en pense bien ce qu’il.elle veut !
La ligne de conduite de Saint-Péray Est À Vous reste avant tout d’interpeller les citoyen.ne.s du territoire sur des questions qui les concernent, et d’apporter les éléments factuels pour éclairer les débats, afin que chacun.e puisse élaborer sa position personnelle.
Aussi, dans la suite de cet article, les éléments qui vous sont livrés résultent de l’analyse de quelques-un.e.s de nos membres et traduisent leurs positions et interprétations. Ils ne sauraient refléter entièrement la pluralité des points de vue au sein de notre groupe.
- Un joli greenwashing
Alors non, M. Le Gall, ce n’est pas parce que vous envisagez des tramways, des bus ou des vélos à la place des voitures, que l’artificialisation des terres naturelles et agricoles de la Plaine sera plus justifiable. Cette idée sortie du chapeau (et dont la cohérence pose pour le moins question : un contournement à 90% routier, avec 10% dédiés aux mobilités douces, est-ce-que ça a bien un sens ?) ressemble à un joli coup de peinture verte pour masquer en réalité… - Un manque de sincérité ou de courage politique
🪙 Côté pile : vous retirez l’emplacement réservé du PLUiH et annoncez clairement que vous ne souhaitez pas voir ce projet de 3ème pont aboutir.
🪙 Côté face : vous n’assumez pas cette position auprès du SCoT en refusant de demander le retrait du faisceau associé, au motif de « ne pas obérer l’avenir ».
Cette ambivalence laisse la place à deux interprétations :
– un manque de sincérité dans votre souhait d’abandonner ce projet, ou
– un manque de courage politique : celui d’affirmer et d’assumer clairement ce choix face à d’autres élus potentiellement en désaccord. - Un logiciel dépassé
De cet échange en Conseil Municipal, mais aussi des réunions publiques autour du SCoT émerge le sentiment que les réflexions en matière d’urbanisme sont encore pilotées à travers un logiciel de croissance, de développement, d’attractivité.
Et malgré une prise de conscience croissante des enjeux climatiques et environnementaux (qui se traduisent notamment à travers « l’armature bio-climatique » du SCoT), il reste une incompatibilité de fond : la logique de développement du territoire est intrinsèquement contradictoire avec les mesures sociétales nécessaires pour atténuer et nous adapter au changement climatique et à ses multiples conséquences.
Quoi qu’il en soit, pour nous, « ne pas obérer l’avenir », cela veut dire concrètement lutter, dès à présent, et de toutes nos forces, pour éviter de devoir vivre un jour (si c’est encore possible) dans un Saint-Péray à + 4°C.
Et vous ?
Quel est votre avis, sur tout ça ?
Si vous étiez élu.e, pensez-vous que vous porteriez auprès du SCoT le retrait de ce faisceau ? Comment articuler urbanisme d’un territoire, velléités de ses habitant.e.s, et enjeux climatiques et environnementaux ?
N’hésitez pas à nous faire parvenir votre avis par mail.
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Merci pour l’intérêt que vous portez à ces réflexions, en nous ayant lu jusqu’ici !
Et pour les plus curieux (et vous avez bien raison)
La question posée par Flore REBISCHUNG en Conseil Municipal ce vendredi 6 Juin 2026 :
» Les 23 et 26 juin derniers ont eu lieu deux réunions publiques organisées par le SCoT Grand Rovaltain, au sujet de la révision de ce document cadre en matière d’urbanisme sur notre territoire.
Au cours de ces deux réunions a été mentionné le projet de fermeture du ring valentinois, qui ferait la liaison entre le projet de déviation de Saint-Péray et Bourg-lès-Valence, via un 3ème pont sur le Rhône. En effet, ce projet figure encore dans la version révisée du SCoT présentée lors de ces deux réunions publiques, sous la forme de « faisceaux ».
Or, à plusieurs reprises, j’ai entendu des élus de la majorité, que ce soit en réunion publique, ou dans des échanges informels, acter l’abandon de ce projet, et mettre en avant une volonté de protéger la Plaine, au-delà du secteur de la déviation et des Peyrouses.
Le SCoT est à ma connaissance le seul document d’urbanisme faisant encore mention de ce projet. Qu’il soit inscrit au SCoT ne garantit certes pas qu’il voie le jour, mais en laisse entrevoir la possibilité. A l’inverse, sa disparition du SCoT viendrait acter son abandon, et enlever l’épée de Damoclès qu’il constitue pour notre Plaine.
En tant qu’équipe nouvellement élue, bénéficiant d’un siège de conseiller spécial à la planification et à l’urbanisme auprès de la CCRC, et d’un siège de 3ème vice-président au bureau exécutif du SCoT, vous avez un poids fort dans l’orientation que peut prendre le SCoT sur ce sujet.
Autrement dit, vous avez le pouvoir de faire disparaître du SCoT ce projet de 3ème pont sur le Rhône et de fermeture du ring.
Ma question est simple : comptez-vous faire usage de ce pouvoir, et pourquoi ? »
La réponse apportée par Matthieu Le Gall :
« Merci, Mme Rebischung, vous me faites trop d’honneur sur le poids que je peux avoir dans une telle instance, et je le prends.
Plus sérieusement, effectivement, il y a eu deux réunions publiques. Petite précision, moi, je suis 3ème VP, mais en charge du développement commercial et des services.
Vous n’êtes pas sans savoir que dans le vote du PLUiH au mois de mars 2026, l’emplacement réservé de la part de la CCRC a été supprimé. Ce qui est le cas, même, du côté Bourg-lès-Valence, où pareil, vous n’êtes pas sans savoir, qu’aujourd’hui, il n’existe pas de réserve foncière susceptible de pouvoir accueillir quelque troisième pont que ce soit.
Le SCoT, pour rappel, c’est 3 EPCI : Arche Agglo, Valence Romans Agglo et Rhône Crussol, soit 108 communes. Aujourd’hui, même si nous appartenons à une instance, et nous avons un siège au sein du bureau exécutif, le SCoT est un document supra-communal et intercommunal, qui permet d’avoir une vision avec un peu de hauteur. Et aujourd’hui, la chance de cette structure, c’est de travailler en consensus avec l’ensemble des élus présents autour de la table, et de réfléchir à une prospective pas dans 5-10, mais dans 15-20-30-40 ans. Et aujourd’hui, après échange avec le directeur Julien Fabre et le président Lionel Brard, élu de Valence, ils ont entendu notre souhait d’avoir enlevé l’emplacement réservé – d’ailleurs, le SCoT nous a félicités, en tant que personne publique associée, lors des réunions publiques en amont du vote du PLUiH – et nous allons reprendre contact très rapidement pour savoir quelle est la position claire, nette et définitive de la ville de Bourg-lès-Valence.
En tous les cas, pourquoi le SCoT souhaite conserver ce fuseau, alors que nous, nous avons souhaité enlever l’emplacement réservé, c’est qu’ils ne souhaitent pas obérer l’avenir, et pourquoi pas, demain, après-demain, après-après-demain, réfléchir à un développement des modes doux et conserver ce fuseau pour éventuellement des transports collectifs, ou du mode doux. Parce qu’effectivement, vous n’êtes pas sans savoir qu’il faut quand même garder des poches de réflexion d’aménagement de l’espace et du territoire, et même si on est entièrement d’accord que les moyens qu’il va falloir développer demain sont plutôt sur des déplacements doux voire collectifs, ce fuseau est important et reste important pour pouvoir accéder entre Cornas, La Roche-de-Glun, Mauves… ce territoire, et Arche Agglo souhaite vivement pouvoir réfléchir à la conservation de ce fuseau.
Donc, effectivement, nous avons échangé. Le SCoT ne fera jamais rien sans l’aval des EPCI adhérents au SCoT et en tous les cas, aujourd’hui, je vous réaffirme qu’il n’est pas du tout dans la volonté de l’équipe majoritaire – ou, alors, là, je m’avance un petit peu, mais de la ville de Bourg-lès-Valence, ça a été le cas lors du précédent mandat – de pouvoir acter la conclusion de ce ring valentinois, mais plutôt de se garder une poche de réflexion sur des modes alternatifs demain. On ne peut pas s’obérer d’un espace qui pourrait être demain un échappatoire pour, peut-être, un tramway, une voie exclusivement pour des bus ou peu importe quel aménagement. Voilà quelle est aujourd’hui la position du SCoT.
Étant donné que nous sommes une structure travaillant dans le consensus, moi je me range derrière la prise de position de Lionel Brard, président exécutif, et donc on va maintenir le fuseau pour les prochaines années. La modification du SCoT est en train d’être menée – c’est pour ça, d’ailleurs, que vous avez participé à la première réunion publique à Valence – la modification et la révision va intervenir courant premier trimestre 2027. Il y aura d’autres modifications à l’avenir, mais aujourd’hui, ce faisceau, il reste présent, avec, je le rappelle un emplacement réservé supprimé sur le PLUiH. »


